Aurélie de Andrade est formatrice et médiatrice dans la relation d’aide. Dans son intervention aux 6ème Assises de l’Aide à Domicile, qui se sont tenues les 24 et 25 septembre à Paris, elle recadre la vision habituelle de l’aidant et propose quelques pistes pour une bonne relation entre les trois acteurs – aidants, aidés et professionnels.

  • L’aidant n’est pas un professionnel, et n’a pas vocation à le devenir, ni à le remplacer.
  • L’aidant est un proche, mais pas toujours membre de la famille.
  • L’aidant s’installe « dans la durée ».
  • L’aidant devrait être choisi par la personne aidée. Ce n’est pas toujours le cas, selon les enjeux et conflits fraternels si fréquents. Ainsi, un aidant pourra être « accepté » par la personne aidée, sans pour autant avoir été « choisi ».
  • La relation d’aide est une relation à trois acteurs. Dans cette relation, la concurrence entre aidants et professionnels peut être réelle, ou simplement redoutée. Il arrive que le professionnel soulage l’aidant, mais ne soulage pas la personne aidée …

La relation d’aide est marquée par une relation de dépendance : dépendance de la personne aidée par rapport à l’aidant et au professionnel, sans oublier qu’il peut y avoir dépendance de l’aidant par rapport à la personne aidée … Chaque intervention de professionnels bouleverse un équilibre. La variété infinie des personnalités des aidants, des personnes aidées et des professionnels est la cause de ces instabilités.
Il est important de construire tout au début une relation à trois assurant la cohérence et la place de chacun. Pour y parvenir, il faut vérifier que les aidants ont compris ce que faisaient les professionnels. Le temps et le rythme des professionnels n’est pas celui des aidants. Les professionnels savent ce qui va se passer au domicile mieux que les aidants : ce qui est une routine pour un professionnel est une surprise pour l’aidant.
Lorsqu’on ne parvient pas à dénouer une situation conflictuelle, le médiateur apporte un « espace » et du temps. Son utilité réside dans la confiance qu’il suscite, car ce n’est pas lui qui décide.

(notes prises par Jean Bourdariat)